Le mémorial
Nantes face à son histoire

Vue du cap Français et du Nvr La Marie Séraphique de Nantes, capitaine Gaugy, le jour de l'ouverture de sa vente, troisième voyage d'Angole, 1772-1773 - Musée d'histoire de Nantes

Vue du cap Français et du Nvr La Marie Séraphique de Nantes, capitaine Gaugy, le jour de l'ouverture de sa vente, troisième voyage d'Angole, 1772-1773 - Musée d'histoire de Nantes

Nantes, premier port négrier français. Entre le 15e siècle et le 19e siècle, de nombreux ports européens tels Liverpool, Londres, Bristol, Nantes, La Rochelle, Bordeaux, Amsterdam, Lisbonne, se livrent à la traite négrière. Au 18e siècle, Nantes devient le premier port négrier français. Armateurs, banquiers, industriels, commerçants, constructeurs navals, marins : tous, à des degrés divers, tirent profit de ce commerce.

Une longue période d’oubli. En 1848, après de longs combats, est votée l’abolition de l’esclavage, en grande partie grâce au combat mené par Victor Schœlcher. Nantes tourne la page mais, entre cynisme et mauvaise conscience, elle est recouverte du manteau du silence et de l’oubli.

Il faut attendre les années 1990 pour que des Nantais entament avec la Municipalité une démarche volontaire pour regarder l’histoire en face. En 1992, avec plus de 400 000 visiteurs, l’exposition « Les Anneaux de la Mémoire » permet de comprendre et d’analyser ces faits historiques.

Une mémoire assumée et de nouveaux combats pour aujourd’hui et pour demain. Depuis, Nantes poursuit ce chemin de la mémoire retrouvée. En vingt ans, il a été jalonné d’actions locales et internationales : coopération et jumelages avec des villes africaines et sud-américaines, soutien aux associations, organisation du Forum Mondial des Droits de l’Homme, ouverture de salles consacrées à la traite négrière au Musée d’histoire de Nantes, ouverture de l’Institut des Etudes Avancées avec son approche originale des rapports nord-sud, etc. Enfin, en 2012, l’édification du Mémorial en hommage à tous ceux qui ont lutté, qui luttent et lutteront contre l’esclavage, vient clore un cycle et en ouvrir un autre : celui du présent et de l’avenir.